Le blog mes-collections.fr

Collectionner les BD et les mangas : le guide complet

Dépôt légal, 4e plat, tirage de tête : distinguer une EO de ses réimpressions, puis ranger albums, mangas et comics à l'abri de la lumière.

Les albums de Tintin lus et relus chez les grands-parents, ou les Dragon Ball achetés tome après tome avec l'argent de poche. La bande dessinée entre dans une vie bien avant qu'on pense à la collectionner.

Le jour où tu te mets à chercher le tome manquant, ou la première édition d'un album d'enfance, il faut apprendre à lire un 4e plat et une page de dépôt légal.

Ce qui accroche dans la BD et le manga

La bande dessinée franco-belge a grandi dans les journaux avant de passer en album. Tintin au pays des Soviets, publié d'abord dans Le Petit Vingtième, paraît en volume en 1930, et Astérix le Gaulois, né dans Pilote en 1959, en 1961. Le manga arrive plus tard : Akira, publié par Glénat en 1990, est en général considéré comme le premier vrai succès du manga en France, et Dragon Ball suit en 1993, porté par le dessin animé.

On y revient pour le dessin, et pour des personnages qui ont accompagné une enfance. Les collectionneurs y ajoutent la chasse aux éditions : un même album a pu être réimprimé des dizaines de fois, et chaque tirage a ses détails.

Par où commencer

Une série, un auteur, un éditeur

La plupart du temps, tout part d'une série qu'on aime et qu'on veut complète. Certains suivent ensuite un auteur d'une série à l'autre, d'autres un éditeur ou une collection dont ils aiment la ligne. On peut très bien collectionner pour lire, avec des rééditions récentes, et garder les éditions anciennes pour quelques albums qui comptent.

La première erreur à éviter

Croire qu'un album ancien est forcément une édition originale. Les grandes séries ont été réimprimées sans cesse, avec la même couverture, et seuls quelques détails distinguent le premier tirage des suivants. Avant d'acheter un album présenté comme « EO », vérifie sa description dans un catalogue de référence, et demande une photo du 4e plat et de la page du dépôt légal.

Délimiter son périmètre

La BD franco-belge, le manga et les comics ont chacun leurs éditeurs et leurs habitudes de collection.

  • Une série. Tous les tomes, dans une même édition ou dans toutes leurs versions.
  • Un auteur. Ses albums, ses illustrations, ses tirages de tête et ses dédicaces.
  • Un éditeur ou une collection. Les albums Dupuis à dos rond, une maison indépendante, une collection entière.
  • Les journaux. Les hebdomadaires où les histoires ont d'abord paru, et leurs numéros spéciaux.
  • Les premières éditions de manga. Les sorties en kiosque et les premiers tomes au sens de lecture occidental, ou une collection d'éditeur suivie depuis le début.
  • Les comics. Les fascicules américains, ou leurs éditions françaises, suivis par personnage, par éditeur ou par période.

Les albums qui font rêver

Chez les bédéphiles, les éditions originales des grandes séries franco-belges font tourner les têtes, Tintin d'abord, et plus encore ses premiers albums en noir et blanc. Les Dupuis à dos rond se chassent à part, tout comme les premiers Astérix parus chez Dargaud.

Côté manga, les premières éditions françaises d'Akira ou de Dragon Ball rappellent des souvenirs à toute une génération. Pour les comics, Action Comics n°1, où Superman apparaît en 1938, fait figure de mythe, mais en France beaucoup cherchent plutôt les éditions en français de Lug puis de Semic, Strange en tête, et les petits formats de kiosque. Plus près de nous, les tirages de tête, numérotés et parfois signés, et les albums dédicacés d'un dessin font les belles pièces d'une collection.

Identifier une édition et juger son état

Les repères d'une édition

  • Le dépôt légal. Sur les albums récents, sa date situe le tirage, et une EO porte en principe un dépôt légal contemporain de sa sortie. Bien des albums belges anciens n'en ont pas, et certaines réimpressions gardent la date de la première : on le croise toujours avec le 4e plat.
  • Le 4e plat. Sur une EO, la liste des titres de la série imprimée au dos s'arrête en général à l'album lui-même. Pour les Tintin anciens, qui ne sont pas datés, les collectionneurs repèrent chaque variante de 4e plat par un code fait d'une lettre et d'un numéro, comme B1 ou B2.
  • Le dos. Toilé ou non, rond ou carré, de telle couleur : sur les albums anciens, il change d'un tirage à l'autre.
  • Le catalogue de référence. Le BDM, des initiales de ses auteurs Béra, Denni et Mellot, décrit les éditions des albums franco-belges, et la base en ligne Bédéthèque, du site BDGest, aide à comparer.

Pour les mangas, on regarde surtout l'achevé d'imprimer et le numéro d'édition, quand il figure. Une première édition française peut se distinguer de ses rééditions par son format ou sa présentation, comme Akira, d'abord paru en fascicules de kiosque en couleurs, puis en albums cartonnés, toujours dans le sens de lecture occidental.

Juger l'état

On regarde les coins, les coiffes du dos, les plis et les déchirures de la couverture, les pages jaunies ou tachées, les noms écrits à l'intérieur. Un album « dans son jus », jamais restauré, se décrit tel quel, et un album restauré se signale comme tel. Certains comics passent par une société de gradation comme CGC, qui les scelle dans une coque avec une note : la note sur 10 d'un slab fonctionne à peu près comme pour les cartes, avec des crans plus fins et une mention sur la blancheur du papier.

« Album Dupuis à dos rond, liste des titres au 4e plat arrêtée à ce tome, EO d'après le BDM. Coins légèrement émoussés, coiffes frottées, intérieur propre, sans nom ni tampon. »

Fac-similés et fausses dédicaces

Casterman a réédité les premiers albums de Tintin en fac-similé, au plus près des originaux : ils portent la mention, mais on en croise présentés comme des EO. Une dédicace se vérifie aussi : une signature imprimée n'a aucun relief sous une lumière rasante, et une signature imitée à la main se trahit en général par un trait lent, hésitant ou repris, là où l'auteur signe d'un seul geste. Comparer avec un original documenté reste la meilleure défense, loupe à la main.

Où chercher, en plus des circuits habituels

  • Les librairies spécialisées. Beaucoup gardent un rayon d'occasion et offrent des ex-libris, petites estampes souvent signées et numérotées remises avec certains albums, que les bédéphiles collectionnent à part.
  • Les festivals. Presque chaque région a le sien, où l'on fait la queue pour une dédicace et où les bouquinistes BD installent leurs bacs.
  • Les conventions manga. Japan Expo, chaque été près de Paris, et les conventions régionales, pour les éditions spéciales et la rencontre avec d'autres lecteurs.
  • Les ventes aux enchères BD. Des maisons de ventes en tiennent régulièrement, et leurs catalogues, planches originales comprises, sont une bonne école pour apprendre à décrire un album.

Un carton d'albums au fond d'un stand de vide-grenier vaut toujours qu'on s'accroupisse, et l'art de chiner en brocante aide à le repérer entre deux caisses de vaisselle. Racheter une série au lot fait parfois gagner des mois de recherche tome par tome.

Ranger et manipuler

  • Les albums. Debout, à leur hauteur, ni serrés ni penchés, et sortis par le milieu du dos.
  • Les pochettes. En polypropylène ou en polyester, sans PVC, adaptées au format de l'album, pour les pièces qu'on veut protéger du frottement.
  • Les mangas. Leur papier jaunit vite à la lumière : une étagère à l'abri du soleil, et la jaquette, quand il y en a une, laissée en place.
  • Les comics. Chacun dans un sac en polypropylène ou en polyester, sans PVC, avec un carton de renfort sans acide, face blanche contre le comics, rangés debout dans une boîte à leur taille. Un sac qui jaunit se remplace.
  • Les ex-libris. À plat, dans une pochette sans acide, à l'abri de la lumière comme une estampe.

Une couverture déchirée se garde telle quelle, sans ruban adhésif, et un nom au crayon reste en place tant qu'un libraire ou un restaurateur n'a pas donné son avis. L'humidité et la lumière font le reste des dégâts, et ce qui abîme le papier avec les années concerne les albums comme les mangas, le papier acide des éditions bon marché en premier.

Ce qu'on note dans l'inventaire

  • L'album. Série, numéro du tome, titre, scénariste et dessinateur.
  • L'édition. Éditeur, EO ou réédition, date du dépôt légal, type de 4e plat ou numéro d'édition.
  • Les particularités. Tirage de tête et son numéro, dédicace, ex-libris joint.
  • Pour un comics. Numéro, date de couverture, couverture variante.
  • L'état. Coins, dos, couverture, intérieur.
  • La provenance. Achat en librairie, festival, brocante ou héritage, avec la date.

Sur le site, commence le titre de chaque fiche par la série et un numéro de tome sur deux ou trois chiffres (« One Piece 007 ») : avec le tri de A à Z, la série s'affiche dans l'ordre. Un critère personnalisé « édition », en liste déroulante, permet ensuite de filtrer les EO et les rééditions. Une collection par série reste le plus lisible, et la plupart des séries tiennent sous la limite du compte gratuit : 100 objets, trois critères personnalisés, quatre photos par album pour la couverture, le 4e plat, le dépôt légal et une dédicace. Seule une série fleuve comme One Piece, passée au-delà de 100 tomes, oblige à couper en deux collections.

La communauté BD et manga en France

Les festivals restent le grand lieu de rencontre, entre lecteurs comme avec les auteurs, et la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, à Angoulême, a un musée qu'on visite toute l'année. En ligne, la Bédéthèque et les forums de BDGest servent à identifier une édition ou à retrouver un tome oublié.

Sur le site, la catégorie BD, comics et mangas n'a encore aucune collection publique : la tienne peut être la première, même incomplète, 4e plats en photo pour ceux qui chercheront la même édition.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une édition originale de BD ?

En croisant le dépôt légal, qui correspond en principe à la date de sortie sur les albums récents, la liste des titres au 4e plat, qui s'arrête en général à l'album lui-même, et l'aspect du dos sur les albums anciens. Le catalogue BDM et la Bédéthèque décrivent les éditions album par album.

Que veulent dire EO, TT, TL et ex-libris en BD ?

EO désigne l'édition originale, le premier tirage d'un album. TT désigne un tirage de tête, une édition limitée et numérotée, souvent signée, et TL un tirage limité, qui n'est pas forcément numéroté ni signé. Un ex-libris est, en BD, une petite estampe remise avec certains albums par les libraires.

Comment obtenir une dédicace d'un auteur de BD ?

Dans les festivals et lors des séances organisées par les librairies, qui annoncent les auteurs présents. La dédicace est un cadeau de l'auteur, pas un dû : on vient avec un album de l'auteur, on respecte les règles de la file, et on accepte qu'un dessin ne soit pas toujours possible.

Comment conserver des mangas sans qu'ils jaunissent ?

À l'abri du soleil et de l'humidité, debout sur une étagère, avec leur jaquette s'ils en ont une. Leur papier jaunit avec le temps quoi qu'on fasse, mais la lumière accélère nettement le phénomène.

Comment savoir si une BD a de la valeur ?

L'édition compte avant tout : une EO ne se compare pas à une réimpression à la même couverture. Viennent ensuite l'état, une dédicace ou un tirage de tête. On cherche ensuite des ventes conclues du même album, à la même édition et dans un état comparable : les annonces en cours disent ce que les vendeurs espèrent, pas ce que les acheteurs ont payé.

Comment vendre une collection de BD ou de mangas ?

En séparant les albums qui demandent une description précise, EO, tirages de tête et dédicaces, des séries de lecture, qui partent plus facilement complètes et au lot. Une annonce qui montre le 4e plat et la page du dépôt légal rassure tout de suite un acheteur d'EO.

Montre-nous ta collection

Ajoute tes objets, leurs photos et l'histoire de chacun. Garde tout ça pour toi si tu préfères, ou publie-le et laisse d'autres passionnés tomber dessus.