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Collectionner les capsules de champagne : le guide complet

Génériques, séries de vignerons, capsules neuves : trier le bocal, retirer la plaque sans la tordre et la garder loin de l'humidité.

Le bouchon saute, on trinque, et quelqu'un récupère la petite plaque ronde du muselet avant qu'elle ne parte avec les verres. Elle finit dans un tiroir avec celles des fêtes précédentes, puis dans un bocal. Un jour, on remarque qu'elles ne se ressemblent pas toutes.

La placomusophilie, c'est le nom savant de cette habitude, un mot trouvé à Vertus, dans la Marne, au cours des années 1980. Elle a ses répertoires, ses bourses dans les villages de Champagne et ses débats, à commencer par celui des capsules neuves.

Ce qui accroche dans une capsule

Le muselet est la petite cage de fil de fer qui retient le bouchon d'un vin effervescent. La plaque, glissée entre le haut du bouchon et les fils, et qu'on appelle aussi capsule, répartit la pression et empêche le fil de s'enfoncer dans le liège. On en attribue l'invention à Adolphe Jacquesson, négociant en vins de Champagne à Châlons, qui dépose un brevet en 1844 pour intercaler cette plaque entre le bouchon et le lien. Les premières plaques sont en fer-blanc, unies ou simplement estampées. Les premières plaques imprimées n'apparaissent qu'au début du XXe siècle.

Une capsule garde la trace d'une bouteille ouverte pour un mariage, une naissance, un réveillon. Elle tient dans la main, se range dans un tiroir, et il en sort de nouvelles chaque année, des grandes maisons comme des vignerons qui font imprimer leurs propres séries.

Par où commencer

Le bocal, puis le classement

Tout commence en général par un bocal ou une boîte en fer, remplis au fil des fêtes. Le premier tri sépare deux familles. Les capsules personnalisées portent le nom ou la marque du producteur. Les génériques, sans nom, sont vendues toutes faites aux vignerons qui ne font pas imprimer les leurs : un motif de grappe, une coupe, une couleur. Les deux se collectionnent, et certains ne cherchent que les génériques.

La première erreur à éviter

Arracher la plaque à la main ou en faisant levier avec un couteau. Elle se plie, se raye, et une capsule tordue ne se redresse jamais tout à fait. Une fois la bouteille ouverte et le muselet retiré du bouchon, beaucoup de collectionneurs coupent ses fils à la pince coupante, loin du bord de la plaque, plutôt que de les détordre : elle se libère sans effort. Mieux vaut le faire tant que le vin n'a pas séché dessus.

Délimiter son périmètre

Rien que pour le champagne, les plaques différentes se comptent par dizaines de milliers, et chaque année en ajoute. Le périmètre finit par se resserrer, parfois après quelques années de vrac.

  • Une maison ou un vigneron. Toutes ses capsules, des plus anciennes aux séries récentes, ce qui laisse l'espoir d'arriver un jour au complet.
  • Un village ou un terroir. Les producteurs d'une commune de la Marne ou de l'Aube, ou ceux de la vallée où l'on a ses attaches.
  • Un thème. Les capsules qui commémorent un événement sportif, un anniversaire, un millésime, ou celles qui reprennent une même illustration déclinée en série.
  • Au-delà du champagne. Les crémants et les autres vins effervescents, qui ont leur propre répertoire, et même certaines bières, belges ou du Nord, et les cidres bouchés.

Reste la question des capsules neuves, qui n'ont jamais coiffé de bouteille. Certaines sont éditées pour les seuls collectionneurs, et les placomusophiles les appellent plaques « de complaisance ». Les uns les rangent avec les autres, d'autres ne veulent que des capsules qui ont servi, et beaucoup les classent à part, en notant dans l'inventaire laquelle des deux règles ils ont suivie.

Les capsules qui font rêver

Les plaques anciennes, unies ou estampées, à encoches et parfois munies d'une languette, datent d'avant l'époque où plaque et muselet ont fini par ne former qu'une seule pièce, après la Seconde Guerre mondiale. Avec celles des maisons disparues, elles comptent parmi les plus recherchées. Les capsules peintes à la main, tirées à peu d'exemplaires, ont aussi leurs amateurs. Et celles qu'un producteur ne diffuse que sur ses bouteilles se complètent surtout par l'échange.

Beaucoup gardent aussi à part la capsule d'une bouteille ouverte un jour dont ils se souviennent, qu'aucun répertoire ne cote et qu'ils n'échangeraient pas.

Identifier une capsule et juger son état

Les répertoires

Pour le champagne, l'ouvrage le plus répandu est le Répertoire des plaques de muselets du champagne, que les placomusophiles appellent simplement « le Lambert ». Il classe les capsules par producteur, donne à chacune un numéro et une cote, et se complète au fil des ans par des additifs et de nouvelles éditions. Un répertoire à part, du même éditeur, recense les génériques. Ces numéros évitent de décrire un motif lors d'un échange, et la cote sert surtout à équilibrer ce qu'on se donne.

Ce qu'on regarde

  • La surface. Rayures, frottements, impression usée, à regarder sous une lumière rasante.
  • La forme. Une plaque bien plane, sans pliure ni bord écrasé.
  • La rouille. Points d'oxydation sur le bord ou au revers : le fer-blanc est de l'acier étamé, et il rouille dès que l'étain ou le vernis est entamé.
  • Les traces du muselet. Sur une capsule qui a servi, les fils laissent parfois une marque sur le bord : on la signale sans la cacher.

« Plaque générique, grappe dorée sur fond bordeaux, ayant servi. Légère trace des fils sur le bord, plaque bien plane, ni rayure ni rouille. »

Où chercher, en plus des circuits habituels

  • Les bourses d'échange. Elles ont lieu toute l'année, nombreuses en Champagne, parfois chez un producteur, ailleurs dans une salle des fêtes. On y échange plus qu'on n'achète, une pour une ou, de plus en plus, en s'appuyant sur la cote, et certaines remettent à l'entrée une capsule éditée pour l'occasion.
  • Les producteurs. Certains vendent leurs séries aux collectionneurs, au domaine ou lors des bourses qu'ils organisent.
  • L'entourage. Les amis, la famille, un traiteur ou un restaurateur qui veut bien mettre de côté les capsules des bouteilles ouvertes.
  • Les clubs. Les échanges entre membres, d'une réunion à l'autre, remplissent les manques plus sûrement que les annonces.

Sur les vide-greniers, on tombe parfois sur une boîte de capsules en vrac, voire sur un classeur entier issu d'une collection dispersée. Les habitudes du chineur aident à juger un lot avant de l'emporter : on regarde les capsules une à une, en cherchant la rouille et les plaques tordues.

Ranger et entretenir

  • Une place par capsule. Classeur à feuilles alvéolées ou à pochettes, ou plateau rigide à emplacements fixes sous couvercle transparent : la plaque ne frotte pas contre ses voisines.
  • Des plastiques sans PVC. Des pochettes en polypropylène ou en polyester : en vieillissant, le PVC colle à l'impression et dégage des composés qui attaquent le métal.
  • Une pièce sèche. Ni la cave, même si c'est là que dorment les bouteilles, ni un grenier qui chauffe l'été. Le métal rouille vite dans une pièce humide.
  • À l'abri de la lumière. Un tableau de capsules accroché face à une fenêtre finit par pâlir.
  • Le nettoyage. Une capsule neuve n'a besoin de rien. Sur une capsule qui a servi, un chiffon doux à peine humide retire le vin, suivi d'un séchage immédiat. Ni abrasif, ni solvant, ni alcool, qui peuvent emporter l'impression. Une capsule peinte à la main, ancienne, déjà piquée de rouille ou dont le vernis s'écaille se contente d'un pinceau sec.

Le bocal sur l'étagère a son charme, mais les capsules s'y rayent les unes contre les autres. On les prend par la tranche, les mains propres et sèches, pour ne pas laisser de traces grasses sur les fonds unis. Ce que l'humidité fait au métal, et le gel de silice qui l'en protège dans une boîte fermée, sont expliqués dans le guide de conservation.

Ce qu'on note dans l'inventaire

  • Le producteur. Maison ou vigneron, village, ou la mention « générique ».
  • La capsule. Motif, couleur du fond, série et rang dans la série, millésime ou événement s'il y en a un.
  • La référence. Le numéro dans le Lambert ou dans le répertoire des génériques, avec l'édition utilisée.
  • Neuve ou ayant servi. Et l'état, avec les traces du muselet s'il y en a.
  • La provenance. Bouteille ouverte (date et occasion), échange, bourse, achat au domaine.

Mets le producteur en tête du titre de chaque fiche, puis le numéro du Lambert complété par des zéros (047 plutôt que 47) : trié de A à Z, un même producteur se suit dans l'ordre du répertoire, et la recherche dans la collection retrouve un numéro en quelques lettres. Une liste déroulante suffit pour noter si la capsule est neuve ou a servi, et le village peut occuper un deuxième critère personnalisé. En compte gratuit, tu disposes de trois critères par collection, de quatre photos par capsule (face, revers, détail d'un défaut) et de 100 objets par collection. Un bocal trié dépasse vite ce nombre : beaucoup découpent alors par maison ou par village, comme le fait déjà le répertoire. Tenir l'inventaire à jour au fil des bourses évite aussi de rapporter un double qu'on avait déjà.

La communauté des placomusophiles

Les clubs de placomusophiles existent un peu partout en France, en Champagne surtout, mais aussi bien loin des vignes, et la Belgique et le Luxembourg ont les leurs. Beaucoup se réunissent une fois par mois, d'autres moins souvent, et plusieurs organisent une bourse annuelle ouverte à tous. Des agendas tenus par des collectionneurs recensent bourses et réunions. Les débutants y sont en général bien accueillis, et repartent rarement sans quelques capsules.

La catégorie Bouchons et capsules du site est encore vide. Un producteur photographié face et revers, numéro du Lambert dans le titre, suffirait à ouvrir la voie à ceux qui cherchent un motif.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la placomusophilie ?

C'est la collection des plaques de muselet, les petites capsules métalliques posées sur le bouchon des bouteilles de champagne et d'autres vins effervescents. Ceux qui les collectionnent s'appellent des placomusophiles.

Comment enlever une capsule de champagne sans l'abîmer ?

Une fois la bouteille ouverte et le muselet retiré, coupe ses fils à la pince coupante, loin du bord de la plaque, plutôt que de la forcer à la main ou au couteau : elle se libère sans se plier. S'il reste du vin, un chiffon doux à peine humide puis un séchage immédiat suffisent, sauf sur une capsule peinte à la main, ancienne ou dont le vernis s'écaille, qui se contente d'un pinceau sec.

Qu'est-ce qu'une capsule de champagne générique ?

Une capsule qui ne porte pas le nom du producteur : un motif ou une couleur, vendue toute faite aux vignerons qui ne font pas imprimer la leur. Les génériques ont leur propre répertoire et leurs collectionneurs.

Comment ranger une collection de capsules de champagne ?

Une place par capsule, dans un classeur à alvéoles ou à pochettes sans PVC, ou sur un plateau rigide sous couvercle, pour qu'elles ne se rayent pas entre elles. Le tout dans une pièce sèche, ni cave ni grenier, à l'abri de la lumière.

Comment connaître la cote d'une capsule de champagne ?

Retrouve d'abord la capsule dans le répertoire Lambert, l'ouvrage de cotation le plus répandu, ou dans celui des génériques, qui lui donne un numéro et une cote. Cette cote sert surtout aux échanges : pour une vente, les ventes conclues de la même capsule, dans un état comparable, renseignent mieux.

Comment vendre une collection de capsules de champagne ?

Trie-la d'abord par producteur, avec les numéros du répertoire et la mention neuve ou ayant servi. Les pièces recherchées se proposent à l'unité, le reste en lots par producteur ou par village. Clubs et bourses mettent en contact avec ceux qui cherchent les mêmes producteurs.

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