Collectionner les cartes Pokémon : le guide complet
Du classeur de cour de récré aux extensions récentes : lire une carte, compléter une série sans s'épuiser, juger un état et ranger ses cartes.
Le classeur ressort en général lors d'un déménagement. Celui de la cour de récré, avec ses pochettes gondolées, le Dracaufeu qu'on n'aurait échangé pour rien au monde et des cartes rangées dans un ordre que plus personne ne comprend. Des années plus tard, on l'ouvre, et l'envie revient d'un coup.
D'autres arrivent par les extensions récentes, en accompagnant un enfant ou en retombant sur le jeu. Dans les deux cas, la première étape est la même : savoir ce qu'on a entre les mains.
Ce qui accroche dans une carte Pokémon
Chaque carte Pokémon sert à jouer, mais c'est aussi une illustration signée par son artiste. Le jeu de cartes est né au Japon en 1996, puis il est arrivé en Europe à la fin des années 1990, édité à l'époque par Wizards of the Coast. Depuis le Set de base, les extensions se succèdent sans interruption.
Chaque extension forme une liste finie, numérotée, qu'on peut compléter. C'est ce mélange de souvenirs et de chasse à la carte manquante qui retient autant de collectionneurs adultes.
Par où commencer
Retrouver et identifier ses cartes
Tout se lit en bas de la carte, et c'est la première chose à apprendre.
- Le symbole d'extension. Un petit logo qui dit de quelle série vient la carte. Le Set de base, la toute première extension, n'en a pas, ce qui est aussi un indice.
- Le numéro. Sous la forme 4/102 : la place de la carte dans l'extension, et le nombre de cartes qu'elle compte.
- Le symbole de rareté. Un rond pour une commune, un losange pour une peu commune, une étoile pour une rare. Les extensions récentes affinent avec le nombre et la couleur des étoiles.
- La version. Normale, holographique sur l'illustration, ou reverse, avec l'effet brillant sur le reste de la carte.
- La langue et l'édition. Française, anglaise, japonaise, et sur les premières séries, la mention « Édition 1 » d'un premier tirage.
La première erreur à éviter
Ouvrir des boosters pour compléter une extension. Le plaisir de l'ouverture est réel, mais le hasard fait que les dernières cartes manquantes tardent à arriver, et les doubles s'empilent. Pour compléter, la plupart d'entre nous finissent par acheter ou échanger les cartes manquantes une par une, et gardent les boosters pour le plaisir.
Délimiter son périmètre
Les extensions se comptent par dizaines, et les récentes dépassent en général la centaine de cartes. Sans périmètre, la liste de manques devient décourageante.
- Une extension complète. Toutes les cartes d'une série, ou le « master set », qui ajoute toutes les variantes, reverse comprises.
- Un Pokémon. Toutes les cartes de Pikachu, d'Évoli ou de ton préféré, toutes extensions et langues confondues.
- Un illustrateur. Certains artistes ont un style reconnaissable, et suivre leur travail donne une collection très personnelle.
- Une langue. Les cartes japonaises, en particulier, ont leurs propres extensions et leurs propres amateurs.
- Le scellé. Boosters, displays et coffrets jamais ouverts, une collection à part, avec ses propres risques.
Rien n'empêche de combiner : une extension complète en français, et ton Pokémon préféré dans toutes les langues.
Les cartes qui font rêver
La plus célèbre est sans doute la Pikachu Illustrator, remise en 1998 au Japon aux gagnants d'un concours de dessin, à quelques dizaines d'exemplaires seulement. Plus proche des souvenirs de cour de récré, le Dracaufeu holographique du Set de base reste la carte que tout le monde reconnaît, et les cartes françaises « Édition 1 » des premières séries Wizards ont leurs chasseurs.
Sur les extensions récentes, ce sont plutôt les cartes illustrées pleine page, aux étoiles dorées. Attention à ne pas confondre rareté imprimée et rareté réelle : une carte rare d'une extension très imprimée peut rester facile à trouver.
Les cartes promo forment une famille à part. Distribuées lors d'événements, dans des magazines ou des coffrets, elles portent une numérotation propre et échappent aux listes des extensions.
L'état et la gradation
Les grilles d'état diffèrent entre l'Europe et les États-Unis : le sigle LP, par exemple, ne désigne pas le même cran des deux côtés de l'Atlantique. Sur une carte, l'état se juge sur quelques points précis.
Ce qui se regarde
- Les coins et les bords. Le blanchiment, ces petites zones blanches au dos, trahit une carte jouée.
- Le centrage. Des bordures égales des deux côtés, au recto comme au verso.
- La surface. Rayures sur les holographiques, traces de doigts, pliures, même légères.
« Dracaufeu holo, Set de base, 4/102, français. Bon centrage, léger blanchiment sur deux coins du dos, petite rayure sur l'holo (photo 3), aucune pliure. »
Faire grader ou non
PSA, CGC et Beckett notent les cartes et les scellent dans une coque, avec un numéro de certificat qu'on peut vérifier sur le site de la société. Ça se discute pour les cartes importantes, beaucoup moins pour le reste, et le calcul pour décider d'une gradation s'applique tel quel aux cartes Pokémon.
Pour identifier une carte, des applications la reconnaissent en la photographiant, ce qui évite de chercher son extension à la main. Pour savoir ce qu'elle vaut, la règle reste la même que pour tout le reste : des ventes conclues de la même carte, dans la même langue et le même état, plutôt que les prix affichés.
Où chercher, en plus des circuits habituels
Brocantes et annonces gardent tout leur intérêt, en particulier pour les classeurs d'enfance revendus en lot, où les cartes communes côtoient parfois une pièce recherchée.
- Les boutiques spécialisées. Elles vendent des cartes à l'unité, accueillent les ligues et les avant-premières des nouvelles extensions.
- Cardmarket. Une grande plateforme européenne de cartes à collectionner à l'unité, où chaque carte est classée par extension, langue et état.
- Les échanges. En ligue, en convention ou entre collectionneurs, on vient avec ses doubles et sa liste de manques.
Dans l'autre sens, des boutiques et des enseignes rachètent désormais des cartes. C'est pratique pour se séparer de doubles, en sachant que leur offre intègre leur marge.
Le scellé et les lots demandent de la prudence : boosters déjà pesés, dont on a retiré ceux qui contenaient une carte brillante, cartes de valeur retirées d'un lot, faux paquets. Face à une carte douteuse, compare-la avec une commune authentique de la même extension, impression, couleur du dos et épaisseur côte à côte, et vérifie les indices d'une fausse carte avant de payer.
Ranger sans abîmer
- La pochette souple. Chaque carte qui compte dans sa pochette ajustée, avant tout autre rangement.
- L'étui rigide. Pour les plus importantes, par-dessus la pochette.
- Le classeur à pochettes intégrées. Sans PVC, idéalement à ouverture latérale pour que les cartes ne glissent pas. Beaucoup évitent les classeurs à anneaux, qui marquent les cartes rangées près de la reliure.
- Les boîtes. Pour les doubles, cartes debout et bien calées, jamais tenues par un élastique.
Les cartes qui comptent se manipulent les mains propres et sèches, au-dessus d'une table, le temps de les glisser dans leur pochette. L'humidité fait gondoler les holographiques, et la lumière directe décolore les encres. Dans une pièce sans humidité excessive ni grands écarts de température, à l'abri du soleil, un classeur vieillit bien, et les repères des conservateurs pour le papier valent pour les cartes.
Ce qu'on note dans l'inventaire
- L'identité. Nom, extension, numéro, langue, édition.
- La version et la rareté. Normale, holo ou reverse, et le symbole de rareté.
- L'état. Sur la grille que tu utilises, en précisant laquelle, avec les défauts.
- La gradation. Société, note et numéro de certificat, si la carte est sous coque.
- La provenance. Classeur d'enfance, échange, achat : avec la date, c'est ce qui raconte la collection.
Sur le site, une liste déroulante pour la version et une autre pour l'état gardent les fiches homogènes, et deux photos, recto et verso, montrent les coins mieux qu'une description. Le compte gratuit s'en tient à 100 objets et trois critères par collection, et un critère de type langue existe. Le Set de base et la plupart des extensions récentes dépassent les 100 cartes : on découpe, par exemple les holographiques d'un côté et les communes de l'autre.
La communauté Pokémon en France
Les ligues organisées en boutique dans le cadre du programme officiel Play! Pokémon réunissent joueurs et collectionneurs, et c'est souvent là qu'on trouve ses premiers partenaires d'échange. Les conventions de culture populaire ont en général leurs stands de cartes, et les serveurs Discord et les forums spécialisés répondent aux questions d'identification.
Sur le site, les classeurs que des membres ont choisi de montrer sont réunis dans la catégorie qui rassemble les cartes. Le tien y a sa place.
Questions fréquentes
Comment savoir si une carte Pokémon est rare ?
Regarde le bas de la carte : un rond signale une commune, un losange une peu commune, une étoile une rare, et les extensions récentes précisent avec le nombre et la couleur des étoiles. La version holo ou reverse, la langue et la mention « Édition 1 » comptent aussi, et une rare d'une extension très imprimée peut rester facile à trouver.
Comment savoir si une carte Pokémon a de la valeur ?
Identifie-la d'abord exactement : extension, numéro, langue, version et état. Cherche ensuite des ventes conclues de la même carte, dans le même état, plutôt que des prix affichés dans des annonces. Une carte gradée se compare à des cartes de même note.
Comment savoir si une carte Pokémon est fausse ?
Compare-la avec une commune authentique de la même extension : impression à la loupe, couleur du dos, police des textes, épaisseur et rigidité. Un prix trop beau ou une carte rare glissée dans un lot bon marché sont des signaux de plus.
Quelle est la carte Pokémon la plus rare ?
La Pikachu Illustrator est en général citée : elle a été remise en 1998 au Japon aux gagnants d'un concours de dessin, à quelques dizaines d'exemplaires. Le Dracaufeu holographique du Set de base reste l'une des cartes anciennes les plus emblématiques.
Comment ranger ses cartes Pokémon ?
Chaque carte qui compte dans une pochette souple ajustée, puis dans un étui rigide ou un classeur à pochettes intégrées sans PVC. Évite les élastiques et les classeurs à anneaux, et range le tout dans une pièce sans humidité excessive ni grands écarts de température, à l'abri du soleil.
Où vendre ses cartes Pokémon ?
À l'unité sur une plateforme spécialisée comme Cardmarket, entre collectionneurs, ou en boutique. Des boutiques et des enseignes rachètent aussi des cartes : c'est rapide, mais leur offre intègre leur marge, et une vente directe laisse en général davantage au vendeur, au prix de plus de temps.