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Collectionner les vinyles : le guide complet

Des disques des parents aux pressages d'origine : reconnaître une édition, juger un état et protéger les sillons à chaque écoute.

Le craquement juste avant la première note. Le vinyle impose son rythme : on pose le bras, on lit la pochette pendant la face A, on se lève pour retourner le disque, et c'est une bonne partie de son charme.

Un jour, les disques des parents descendent du grenier, ou un bac de 45 tours attire l'œil sur un vide-grenier, et l'écoute devient une collection. Il faut alors apprendre à lire une étiquette et à prendre soin des sillons.

Ce qui accroche dans un vinyle

Le microsillon 33 tours est lancé aux États-Unis en 1948, le 45 tours l'année suivante, et le disque reste le principal support de la musique enregistrée jusqu'à ce que la cassette puis le CD le dépassent dans les années 1980. Le 33 tours porte une pochette d'une trentaine de centimètres, parfois une œuvre graphique à part entière, et chaque pressage garde la trace de son pays et de son époque.

Revenu en force depuis la fin des années 2000, le vinyle réunit dans les mêmes bacs les amateurs de nouveautés et les chercheurs de pressages d'origine.

Par où commencer

La discothèque familiale

Les disques des parents ou des grands-parents sont un bon point de départ. Trie-les, repère ceux qui te parlent, et regarde de près les étiquettes et les pochettes : c'est là qu'on apprend à distinguer un original d'une réédition. Un disquaire d'occasion ou un ami collectionneur aide pour les premiers tris.

La première erreur à éviter

Écouter ses disques sur une platine mal réglée, et on est nombreux à l'avoir fait. Un diamant usé ou une force d'appui mal réglée abîme le sillon un peu plus à chaque lecture, de façon irréversible. Fais vérifier la platine, change le diamant selon les recommandations du fabricant, et passe une brosse antistatique sur le disque avant chaque écoute.

Délimiter son périmètre

Personne ne fait le tour des millions de disques parus. Le périmètre se dessine en général autour de ce qu'on écoute déjà.

  • Un artiste ou un groupe. Sa discographie complète, puis ses pressages étrangers et ses éditions rares.
  • Un label. Blue Note ou Motown ont une identité sonore et graphique qui se collectionne pour elle-même ; en France, Barclay ou Vogue ont aussi leurs fidèles.
  • Un genre ou une époque. Le jazz des années 1950, les yéyés, le punk, la musique de films.
  • Un format. Les 45 tours, les EP quatre titres des années 60, les maxis, ou les 78 tours en gomme-laque.

Reste à choisir entre originaux et rééditions. Une réédition récente s'écoute très bien et coûte moins cher, un pressage d'époque raconte autre chose, et on peut mêler les deux à condition de savoir lequel est lequel. Les éditions de couleur et les tirages numérotés d'aujourd'hui forment aussi une collection à part entière, avec leurs propres listes de variantes.

Les disques qui font rêver

Côté pochettes, l'histoire la plus racontée est celle de la « butcher cover » de Yesterday and Today des Beatles : retirée de la vente aux États-Unis en 1966, elle a été recouverte d'une autre pochette, collée par-dessus, sur une partie des exemplaires. Les premiers pressages d'albums devenus cultes ont aussi leurs chasseurs, comme les tests de pressage, ces quelques exemplaires pressés pour contrôle avant la série, sous étiquette blanche.

En France, les EP des années 60 ont leur propre quête. Leur pochette portait une languette détachable, utilisée par les disquaires pour le réassort et que la plupart arrachaient : c'est l'un des premiers détails que vérifient les amateurs de yéyés.

Pressage, édition et état

Identifier un pressage

  • L'étiquette. Le label, sa couleur et son graphisme changent selon les époques et les pays.
  • Le numéro de catalogue. Imprimé sur l'étiquette et la pochette, il situe le disque chez son label et dans son pays, mais une réédition reprend souvent le même numéro : il ne suffit pas à dater un pressage.
  • La matrice. Les inscriptions gravées dans la zone lisse, près de l'étiquette, identifient la gravure, et dans bien des cas l'usine.
  • Le code-barres. En général absent des pochettes avant la toute fin des années 1970 : sur un album du début de la décennie, il signale une réédition.

Sur Discogs, la page d'un album regroupe les versions recensées, pays par pays, ce qui aide à situer un disque en quelques minutes. Une pochette à l'impression floue ou une étiquette qui ne correspond à aucune version connue doivent faire ralentir : repérer un pressage pirate demande la même méthode que pour les autres objets.

Juger l'état

Le disque et la pochette se notent séparément, sur l'échelle Goldmine, de M à P. Sur le vinyle, on cherche les rayures et le voile, et une écoute révèle les craquements que l'œil ne voit pas. Sur la pochette, l'usure en anneau laissée par le disque, la tranche fendue, les coins, les écritures et les autocollants.

« Françoise Hardy, Tous les garçons et les filles, EP Vogue EPL 7967, 1962, pressage français. Vinyle VG+, légers frottements sans incidence à l'écoute. Pochette VG, languette présente, usure en anneau, prénom écrit au dos. »

Où chercher, en plus des circuits habituels

  • Les disquaires d'occasion. Leurs bacs se fouillent sans fin, et un disquaire qui connaît tes goûts met de côté ce qui passe.
  • Les bourses et conventions du disque. Marchands et collectionneurs s'y retrouvent, avec des bacs triés par genre.
  • Le Disquaire Day. La version française du Record Store Day, chaque année en avril, avec des éditions limitées vendues chez les disquaires indépendants.
  • Discogs. Sa place de marché propose chaque pressage par vendeur, avec un état noté sur l'échelle Goldmine.

Dans les vide-greniers, les cartons de 45 tours vendus au lot cachent de temps en temps une pochette à languette entre deux variétés des années 80. Sors le disque de sa pochette, tenu par la tranche, avant d'acheter : un coup d'œil sous la lumière en dit long sur ses sillons.

Ranger, nettoyer, écouter

  • Debout et sans serrer. Un disque empilé ou penché finit par se voiler, d'autant plus vite près d'une source de chaleur.
  • Les sous-pochettes. Celles en papier peuvent rayer et laissent des fibres : une sous-pochette antistatique les remplace, et l'originale, même blanche, se garde dans la pochette extérieure.
  • Les pochettes extérieures. Transparentes et sans PVC, elles protègent la pochette de l'usure et de la poussière.
  • Le nettoyage. Une brosse antistatique avant l'écoute, et pour un disque encrassé, un liquide prévu pour les vinyles ou une machine de nettoyage, sans jamais mouiller l'étiquette.
  • Les 78 tours. Pas d'alcool sur un disque en gomme-laque, qui s'y dissout, y compris dans le liquide d'une machine : de l'eau distillée, ou un produit marqué pour la gomme-laque. Pour l'écoute, une platine qui tourne à cette vitesse et un diamant adapté à leurs sillons plus larges.
  • Les disques gravés à l'unité. Reconnaissables en général à leur étiquette manuscrite, ils sont trop fragiles pour un nettoyage maison : demande conseil avant d'y toucher.

Pour la température et l'humidité, les précautions de conservation des disques rejoignent celles du papier : une pièce tempérée, à l'abri du soleil et loin d'un radiateur.

Ce qu'on note dans l'inventaire

  • L'identité. Artiste, titre, format, label, numéro de catalogue.
  • Le pressage. Pays, année, inscriptions de la matrice, original ou réédition.
  • L'état. Deux notes Goldmine, vinyle et pochette, avec les défauts.
  • Les éléments d'origine. Sous-pochette imprimée, insert, poster, autocollant de promotion.

Sur le site, un critère de type lien garde la fiche Discogs du pressage, et deux listes déroulantes tiennent les états du vinyle et de la pochette. En compte gratuit, ce sont tes trois critères, et 100 disques par collection : une collection par genre ou par format garde chaque bac lisible. La provenance trouve sa place dans la description ; le prix payé, lui, n'y a pas sa place si la collection est publique, puisque la description s'affiche pour tous. Et la fourchette que Discogs calcule sur les ventes récentes se lit avec les précautions d'une estimation.

La communauté du vinyle en France

Chez les disquaires indépendants, on parle autant de musique que de pressages, et certains organisent des écoutes ou des rencontres. La CALIF, qui les fédère, porte le Disquaire Day, et Discogs sert de base commune, avec ses forums et ses fiches corrigées par les membres.

Sur le site, la catégorie Vinyles montre les discothèques déjà publiques : en y ajoutant la tienne, tu donnes aux autres de quoi comparer un pressage.

Questions fréquentes

Comment commencer une collection de vinyles ?

Par ce qu'on écoute déjà, et par les disques de la famille quand il y en a. Fais vérifier la platine et son diamant avant tout, puis délimite un périmètre : un artiste, un label, un genre ou un format.

Comment savoir si un vinyle est un premier pressage ?

En comparant l'étiquette, le numéro de catalogue, le pays et les inscriptions gravées près de l'étiquette avec les fiches de Discogs, qui regroupent les versions recensées d'un album. Le numéro de catalogue seul ne suffit pas : une réédition le reprend souvent. Un code-barres sur un album du début des années 70 signale en général une réédition.

Comment nettoyer un disque vinyle ?

Une brosse antistatique avant chaque écoute, et pour un disque encrassé, un liquide prévu pour les vinyles ou une machine de nettoyage, sans mouiller l'étiquette. Pas d'alcool sur un 78 tours en gomme-laque, qui s'y dissout, même dans le liquide d'une machine. Un disque gravé à l'unité, à l'étiquette manuscrite, ne se nettoie pas à la maison.

Comment ranger ses vinyles ?

Debout, sans serrer, loin de la chaleur et du soleil, dans des sous-pochettes antistatiques et des pochettes extérieures sans PVC. Un disque empilé ou penché finit par se voiler.

Comment savoir si un vinyle a de la valeur ?

Identifie d'abord le pressage exact, puis note l'état du disque et de la pochette sur l'échelle Goldmine. Les ventes conclues de ce pressage, dans un état comparable, donnent ensuite une fourchette, plus fiable que les prix affichés.

Comment vendre sa collection de vinyles ?

Les disques qui comptent se vendent à l'unité, avec leur pressage et leurs deux états notés, les autres en lots par genre. Discogs, les disquaires d'occasion et les bourses du disque sont les débouchés habituels, et l'expédition demande un carton rigide et bien calé.

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Ajoute tes objets, leurs photos et l'histoire de chacun. Garde tout ça pour toi si tu préfères, ou publie-le et laisse d'autres passionnés tomber dessus.